mardi 13 septembre 2011

Le 10/09/11 à Bièvres, nous avons causé de ça


Cette réunion a permis de répondre à quelques questions et aussi de prendre note de quelques interrogations des participants. Les questions ont été pratiques ou ont concerné certains thèmes, par exemple, comment sortir de la crise. Plusieurs personnes ont aussi souhaité un lieu de synthèse des positions des différent(e) candidat(e)s à la candidature. Nous donnons ici quelques éléments de réponse.

Comment ça marche ?

Tout le monde peut voter s'il est inscrit sur les listes électorales ; voyez le site des primaires citoyennes ou par exemple une synthèse du journal Le Monde.
On nous demande souvent ce qu'il faudra signer. Voici la déclaration qu'il conviendra de signer : « Je me reconnais dans les valeurs de la gauche et de la République, dans le projet d'une société de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. » Elle n'est pas sectaire.
Aucune liste des votants ne sera conservée, à moins que les votants ne décident de laisser leurs coordonnées, par exemple pour prendre part à la campagne Présidentielle – la vraie, celle du mois de mai 2012-.

Nouveau site de débats

http://www.debats2012.fr/ un site de Terra Nova, est un nouveau site intéressant.

Les candidats

Ségolène Royal
Arnaud Montebourg
Voici deux liens intéressants de AM  : le projet et une note sur la soit-disant règle d'or.
Martine Aubry
Deux pages importantes de MA : sa lettre aux français et ses convictions.
François Hollande
Deux liens aussi pour FH : la synthèse de ses engagements et son site de blogs.
Manuel Valls
Enfin deux liens concernant le Député-Maire d'Evry : son site principal et un article du nouvel obs sur sa proposition concernant la TVA.

Quelques thèmes

Ethique

Si vous cherchez sur Google le mot éthique associé au prénom-nom du pré-candidat, je l'ai fait, vous trouverez des éléments parfois intéressants, quoique souvent polémiques. Lors de notre réunion du 10 septembre, le sujet a été abordé et a fait l'objet d'un échange.
Pour une personne politique, l'éthique a deux facettes : d'une part, la confiance que l'on peut avoir sur la moralité de la personne, qui porte sur ses éventuels mensonges passés sur son histoire notamment ou ses écarts de conduite en terme de conflit d'intérêt ou de comportement sexuel inadéquat ; il faut bien sûr ici se méfier des rumeurs malveillantes, voire des coups montés ; il reste qu'une personne qui ment, même sur sa vie privée, pour conserver une bonne image dégrade aussi sa crédibilité politique, à juste titre. D'autre part, la vieille question de la distance entre les promesses ou discours et les actes politiques, source de bien des commentaires désabusés ; là, la preuve par l'action ou les faits passés peut être déterminante.
L'un de nous a souligné la distance entre les intentions, fussent-elles honnêtes et la confrontation aux réalités de l'exercice du pouvoir compte tenu des rapports de force effectifs et de pratiques comme la destruction de documents par les sortants : bien des ministères sont vides lors des alternances, ce qui ne facilite pas le travail.
Enfin, on a rappelé les deux sources classiques de l'éthique dont l'une est généralement dominante dans l'esprit de chacun : d'un coté les grands principes, de l'autre l'analyse des conséquences probables de ses actes et paroles. Une personne politique ne peut ignorer la seconde source, faute de quoi comme disait Sartre je crois, « ils ont les mains propres mais ils n'ont pas de mains ». Il reste que le mépris pour la première source amène à une attitude primaire où « la fin justifie les moyens » et nous ne croyons pas à la légitimité du pieux (?) mensonge pour conquérir ou conserver le pouvoir.

Sortir de la crise

Concernant la soit-disant règle d'or, le commentaire d'Arnaud Montebourg m'apparaît le plus clair. C'est d'une règle de plomb qu'il s'agit.
Les leviers sur lesquels nous pouvons nous appuyer sont multiples :
La justice fiscale : en gros, corriger la situation actuelle dans laquelle les très riches paient beaucoup moins d'impôt proportionnellement que les classes moyennes ; plus précisément :
  • taxe (à faible taux mais très rentable) sur les transactions financières, ayant aussi l'effet positif de freiner les basculements irrationnels et dangereux de la finance, déconnectés de l'économie réelle ;
  • correction des baisses abusives de le TVA, principalement dans le domaine de la restauration ;
  • augmentation du taux marginal d'imposition de la plus haute tranche (ou création d'une nouvelle tranche) ;
  • probablement, simplification des prélèvements obligatoires par fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, associé à une retenue à la source.
Une mesure comme l'augmentation générale de la TVA, alors qualifiée de protection ou de sociale, telle que proposée par MV, est une idée minoritaire (pour cause d'absence de progressivité).
Le retour de la régulation est nécessaire ; comme disait l'autre, il faut que les banques apprennent à obéir, et désapprennent à commander (et n'oublions pas qu'une large partie de la finance est extérieure aux banques).
A ces mesures fiscales et de régulation s'ajoutent des mesures facilitant la croissance, à travers l'Enseignement et la Recherche, la croissance durable (notamment les économies d'énergie et la croissance des énergies renouvelables), les politiques de care ou de soin chères à MA, à juste titre.
Deux difficultés demeurent pour tous, à mon humble avis, qui sont sources d'inévitables tensions, que nous devrons affronter, que cela nous plaise ou non :
  • La notion de croissance durable peut n'être qu'une facilité de bonnes paroles, frise parfois l'oxymore et on ne pourra pas longtemps éviter de distinguer les couples dépenses-ressources qui doivent croître et ceux qui doivent décroître ; le bilan doit être positif en termes de qualité de vie, pas nécessairement en termes de tonnes équivalent pétrole ou même d'euros (bien que le paiement de la dette s'accommode mal de l'absence de croissance : une raison de plus pour la réduire effectivement).
  • Certes l'essentiel du gaspillage social vient des très riches, non des très pauvres comme on veut souvent nous le faire croire ; suivez par exemple les travaux de la fondation Abbé Pierre. il reste que MV n'a probablement pas tort de penser et de dire que nous devrons tous faire un effort. La question est que cet effort serve à tous et non à une ultra minorité. La réponse est dans l'arrêt du transfert du pouvoir des Etats aux Marchés et dans l'effort contraire, qui s'appelle le progrès de la démocratie, l'extension et non la réduction du domaine de la démocratie. Là, il ne suffira pas de faire confiance à quelque Président(e) : il faudra tous s'y mettre (enfin, presque tous). Cet effort n'est pas celui de la droite.
Voir aussi les propositions de MA.

ESS

La croissance de l'Economie Sociale et Solidaire est une voie importante comme alternative à la dictature des marchés ; cela exige que nous y mettions des moyens (le « nous » ici utilisé désigne tant la réunion des agents économiques individuels que collectifs) et que nous travaillions à dépasser les cultures managériales fondées en fait sur la cooptation de haut en bas et non sur l'intelligence collective. Une coopérative dont la gouvernance mimique celle d'un fond spéculatif est d'intérêt médiocre.

Sécurité

La gauche a compris – depuis un certain temps déjà – que la principale victime de l'insécurité est le peuple. Il faut associer et non opposer les politiques préventives et les politiques répressives, et éviter les modes de répression qui sont criminogènes : même les petites infractions doivent être punies, mais de manière proportionnée et surtout d'une manière qui aide à changer d'attitude plutôt que d'aider à entrer en contact avec la grande délinquance ou de tuer tout espoir. SR et MV notamment, mais tous en fait ont bien compris cela. Il faut aussi améliorer la situation professionnelle de la Justice, de la police et des agents pénitentiaires, pas seulement dans leurs intérêts propres, mais aussi pour qu'ils aient les moyens de mieux faire leur boulot.
Il reste que la principale insécurité de la période est la précarité croissante.

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